Peut-être le documentaire le plus impressionnant depuis longtemps, Carts of Darkness c'est un regard plein de respect et de compassion, mais sans commisération, sur ces hommes sans domicile qui s'invente une façon de vivre bien à eux. Le réalisateur, lui-même handicapé et en chaise roulante, était un habitué des vidéos de sownboard. Le voilà en train de filmer des fous qui dévalent les pentes de Vancouver montés sur des charettes de supermarché, qui vivent du ramassage de bouteilles vides, et qui errent vers un futur indéterminé.
Avec un style assuré mais jamais dans la surenchère, ce qui part comme une anecdote devient une réelle perspective sur un tas de questions sociales, et même sur le sens de l'intimité humaine. Du tout bon.
J'en avais entendu du bien un peu partout, mais c'est justement ce qui m'avait fait éviter ce film au cinéma : Doubt, avec son casting trop parfait, son côté "film néo-néo-classique américain", me donnait l'impression d'être un "Birth" (l'horrible film avec Kidman...) de plus, rempli de sentiments grossiers et plats.






